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Le tracking calorique peut-il devenir toxique ?

Nous vendons un outil de suivi calorique. Alors autant être honnêtes : pour certaines personnes, compter ses calories peut faire plus de mal que de bien. Voici ce que disent 6 études scientifiques, sans complaisance.

En bref (TL;DR)

  • Chez les personnes sans antécédents, un mois de tracking ne provoque aucun effet négatif mesurable (Hahn 2021, essai contrôlé).
  • Chez les personnes vulnérables, le tracking peut amplifier fixation, rigidité et culpabilité (Eikey 2021, Messer 2021).
  • Un tracking simplifié produit les mêmes résultats qu'un suivi intensif, avec moins de charge mentale (Nezami 2022, Raber 2021).
  • La clé : identifier votre profil, adapter l'intensité du suivi, et savoir faire des pauses.

Pourquoi cet article (et pourquoi c'est courageux)

Nous développons TrackMyCals, une application de suivi calorique. Écrire un article sur les dangers potentiels de cette pratique peut sembler contre-productif. Mais nous pensons que vous méritez une information complète et honnête.

La vérité, c'est que compter ses calories n'est ni universellement bon ni universellement mauvais. C'est un outil. Et comme tout outil, son effet dépend de la personne qui l'utilise, de sa relation avec la nourriture, et de la manière dont elle l'utilise.

La méta-analyse d'Anderberg et al. (2025), qui synthétise 38 études, confirme ce constat nuancé : les utilisateurs d'applications de suivi alimentaire présentent des scores plus élevés de comportements alimentaires perturbés que les non-utilisateurs. Mais corrélation n'est pas causalité — et d'autres études racontent une histoire plus rassurante.

Quand le tracking aide vraiment

L'étude de Hahn et al. (2021), publiée dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, est particulièrement rassurante. C'est un essai contrôlé randomisé — le gold standard de la recherche clinique.

Résultats — Hahn et al. 2021 (J Acad Nutr Diet)

200

femmes étudiées

0

effet négatif mesuré

1 mois

de tracking quotidien

200 femmes à faible risque de troubles alimentaires ont suivi leurs calories pendant un mois. Résultat : aucune augmentation des comportements alimentaires perturbés, de l'insatisfaction corporelle ou des symptômes dépressifs.

Par ailleurs, la méta-analyse de Raber et al. (2021), portant sur 59 études, confirme que le self-monitoring alimentaire est l'un des meilleurs prédicteurs de succès dans la gestion du poids. Et bonne nouvelle : un suivi allégé (quelques jours par semaine, descriptions simples) produit des résultats comparables à un suivi quotidien intensif.

Le tracking fonctionne parce qu'il rend visible l'invisible. On sous-estime systématiquement ses apports de 30 à 50 %. Créer un déficit calorique sans avoir conscience de ce que l'on mange réellement, c'est naviguer sans boussole.

Quand le tracking dérape : les preuves

L'étude d'Eikey (2021), publiée dans BJPsych Open, a identifié 8 conséquences négatives non intentionnelles du suivi calorique chez des personnes qui en ont fait l'expérience.

Les 8 conséquences négatives identifiées — Eikey 2021

1

Fixation sur les chiffres plutôt que sur les sensations corporelles

2

Rigidité alimentaire : refus de manger sans avoir tout compté

3

Obsession : penser aux calories en permanence

4

Dépendance : incapacité à manger sans l'application

5

Culpabilité : mal-être après un dépassement du budget calorique

6

Restriction excessive : réduire au minimum pour "rester dans les chiffres"

7

Compensation : exercice forcé ou jeûne après un excès

8

Anxiété sociale : éviter les repas extérieurs par peur de perdre le contrôle

L'étude de Messer et al. (2021), portant sur 1 357 adultes, va dans le même sens : les personnes qui utilisent le tracking pour des raisons liées à l'apparence ou au contrôle du poids/silhouette présentent davantage de comportements alimentaires perturbés que celles qui trackent pour des raisons de santé générale.

La nuance essentielle

Ces études ne disent pas que le tracking cause des troubles alimentaires. Elles montrent que les personnes déjà vulnérables peuvent utiliser le tracking comme un véhicule pour des comportements problématiques qui existaient avant. La motivation derrière le suivi (santé vs apparence) est un facteur clé.

Qui est vulnérable ? Les profils à risque

En croisant les résultats des 6 études, on peut identifier des profils pour lesquels le tracking demande une vigilance particulière — et d'autres pour lesquels il est clairement bénéfique.

Vigilance recommandée

  • !Antécédents de troubles alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie)
  • !Tendance perfectionniste marquée
  • !Motivation centrée sur l'apparence ou le contrôle du corps
  • !Relation émotionnelle forte avec la nourriture

Le tracking est bénéfique

  • Objectif de santé générale ou de performance sportive
  • Relation neutre ou positive avec la nourriture
  • Recherche d'éducation nutritionnelle (découvrir les macronutriments)
  • Capacité à voir les chiffres comme des informations, pas des jugements

Si vous vous reconnaissez dans la colonne de gauche, cela ne signifie pas que le tracking est interdit. Cela signifie qu'il vaut mieux l'aborder avec un accompagnement professionnel (diététicien, psychologue) et opter pour un suivi très simplifié et ponctuel.

5 règles pour tracker sans obsession

Les études de Nezami (2022) et Raber (2021) convergent vers une conclusion encourageante : on peut obtenir tous les bénéfices du tracking avec beaucoup moins d'effort. Voici comment.

1

Décrivez, ne pesez pas

L'étude Nezami (2022, Obesity) le confirme : un tracking simplifié (estimation rapide, descriptions en langage naturel) produit une perte de poids comparable au tracking détaillé avec pesée. C'est exactement l'approche de TrackMyCals : vous décrivez votre repas en quelques mots, l'IA fait le reste.

2

Pensez en fourchettes, pas en chiffres exacts

Visez "entre 1 800 et 2 200 kcal" plutôt que "exactement 2 013 kcal". La précision illusoire au gramme près alimente la fixation. Une fourchette de 200-300 kcal est largement suffisante pour obtenir des résultats.

3

Faites des pauses programmées

3 à 4 semaines de suivi, puis 1 semaine sans. Ces pauses vous permettent de vérifier que vous êtes capable de manger normalement sans l'application. Si l'idée de ne pas tracker vous angoisse, c'est un signal important.

4

Gardez les repas sociaux libres

Un dîner entre amis, un anniversaire, un restaurant : ces moments ne se trackent pas. Mangez, profitez, et reprenez le lendemain. La cohérence sur la semaine compte infiniment plus qu'un repas isolé.

5

Connaissez vos signaux d'alerte

Si vous ressentez de la culpabilité après un dépassement, si vous refusez de manger sans avoir accès à l'application, si votre humeur dépend du nombre de calories affiché : faites une pause. Parlez-en à un professionnel si ces sentiments persistent.

Pourquoi TrackMyCals réduit le risque d'obsession

Nous avons conçu TrackMyCals autour du tracking simplifié que la science recommande. Vous décrivez votre repas en langage naturel ("un bol de riz avec du poulet et des brocolis"), sans peser, sans scanner, sans chercher dans une base de données. L'IA estime les calories et les macros en quelques secondes. Moins de friction, moins de charge mentale, et donc moins de risque de basculer dans l'obsession.

Le tracking calorique n'est ni un sauveur ni un ennemi. C'est un outil puissant qui, utilisé avec discernement, peut transformer votre relation à l'alimentation. La science est claire : pour la grande majorité des gens, le suivi simplifié est sûr, efficace et durable. Pour une minorité, il demande de la vigilance.

Si vous hésitez, commencez doucement. Décrivez vos repas sans vous imposer de perfection. Faites des pauses. Et si le tracking vous apporte plus de stress que de sérénité, n'hésitez jamais à en parler à un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Non, le tracking ne cause pas de troubles alimentaires à lui seul. L'étude Hahn (2021, essai contrôlé, 200 femmes) ne montre aucun effet négatif chez des personnes sans antécédents. En revanche, les personnes déjà vulnérables peuvent utiliser le tracking comme véhicule de comportements problématiques préexistants (Messer 2021, Anderberg 2025).

Quatre stratégies clés : décrivez vos repas en langage naturel plutôt que de peser au gramme (Nezami 2022), visez des fourchettes caloriques plutôt que des chiffres exacts, faites des pauses régulières (3-4 semaines on, 1 semaine off), et gardez les repas sociaux libres de tout comptage.

Non. La méta-analyse de Raber (2021, 59 études) montre qu'un suivi low-intensity (quelques jours par semaine) est aussi efficace qu'un suivi quotidien intensif. Tracker 4-5 jours par semaine en phase active, puis seulement les repas inhabituels en maintien, suffit.

Oui. L'étude de Nezami (2022, Obesity) a comparé tracking simplifié vs standard : perte de poids comparable dans les deux groupes. Moins de charge mentale, mêmes résultats. C'est pourquoi TrackMyCals utilise le langage naturel plutôt que la pesée au gramme.

Cinq signaux d'alerte : anxiété ou culpabilité quand vous ne pouvez pas tracker ; refus de repas sociaux par peur de perdre le contrôle ; pesée de chaque aliment au gramme près ; pensées caloriques permanentes hors repas ; humeur qui dépend du nombre affiché. Si vous reconnaissez 2 ou plus de ces signes, faites une pause et consultez un professionnel.

Sources scientifiques

Messer M et al. (2021). "Calorie tracking and eating disorder risk among adults." Eating Behaviors, 42, 101568. Lire l'étude

Eikey EV (2021). "Unintended negative consequences of self-tracking with diet and fitness apps." BJPsych Open, 7(5), e168. Lire l'étude

Hahn SL et al. (2021). "Effect of calorie tracking on eating disorder risk among low-risk women." J Acad Nutr Diet, 122(4), 731-739. Lire l'étude

Nezami BT et al. (2022). "Simplified versus standard calorie self-monitoring." Obesity, 30(4), 858-868. Lire l'étude

Raber M et al. (2021). "Self-monitoring and weight management: a systematic review." Public Health Nutrition, 24(18), 6170-6183. Lire l'étude

Anderberg I et al. (2025). "Dietary tracking apps and disordered eating: a systematic review." Body Image, 52, 101836. Lire l'étude

Un tracking qui vous simplifie la vie

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